Écran total: épisode 7

 

Trois "Drôles de dames" (de g.à dr., Jaclyn Smith, Kate Jackson, Farrah Fawcett-Majors) qui assument  leur sex-appeal et leur savoir-faire en toutes circonstances. Cette célèbre photo posée en dit long sur une certaine philosophie de vie qu'elles incarnent. 


Une pour trois, toutes pour une 

Cinquante ans après le lancement du premier épisode des "Drôles de dames" - le 22 septembre 1976 sur la chaîne américaine ABC - elles restent une référence. Premières féministes en série? Ou poupées de cire au service de l'ultra-sexisme?

Image d'Épinal à jeter aux braises! La vérité est ailleurs.

Si on en reparle cette année, ce n'est pas seulement pour souffler leur demi-siècle de bougies: elles sont sacrées pionnières dans leur genre, ouvrant la voie aux héroïnes fortes et sans complexe des séries policières actuelles, de "New York unité spéciale" à "Marleau". Certes d'un autre charisme, mais les Dames des seventies ont ouvert des portes.

À l'aise en toutes circonstances, elles soignent leur apparence. D'abord pour elles-mêmes - comme le revendique, aujourd'hui, le fameux slogan d'une marque de cosmétiques - et ce n'est pas pour plaire à un mari: elles n'en ont pas. Pas grave, elle savent séduire à tout va.

indépendantes, rebelles, indociles, fougueuses. Sabrina, Jill et Kelly - les  héroïnes originales - s'affichent en jeunes premières de la culture pop. À elles, la vie d'aventures, réservée jusque-là aux héros masculins, genre Mannix et autres agents 007. Leur boss, Charlie, reste bien au chaud dans son fauteuil, couard derrière son microphone, mais c'est elles qui sont sur le terrain. 

Pourvu qu'elles aient l'ivresse.

La cascade en jupe et talons aiguilles, un sac à main à l'épaule, elles ont de l'audace! Leurs cheveux retombent toujours en parfait brushing sur leurs épaules. Ces mousquetaires au féminin - le cheval en moins, mais les rollers aux pieds - n'ont peur de rien.

Une affiche promotionnelle de la série en dit long sur leur sang-froid. Loin des clichés associés aux polars de l'époque, les héroïnes ne posent pas un revolver à la main, ou leur carte de flic au ceinturon, sourire ultrabright aux lèvres. Elles incarnent une autre attitude de vie. 

Droit dans les yeux, elles nous fixent avec une certaine maîtrise de soi. Comme si elles appliquaient les fondamentaux du yoga: "les mains jointes devant le coeur haut et joyeux". Sereines, impassibles, imperturbables. Qu'elles adoptent cette posture n'est pas un hasard. Elle dit beaucoup sur leur détermination.

Joindre les mains devant sa poitrine, c'est, en termes de yoga, décharger le trop plein d'émotions et se recentrer sur l'essentiel.
Chacune dans sa tenue, elles se complètent, toujours solidaires.

Force et maturité.

C'est aussi une allusion à la figure de l'ange - dont est tiré le titre original de la série "Charlie's Angels". Une posture spirituelle et philosophique. "Que le divin en moi honore le divin en toi". Paroles d'une discipline millénaire. 

Être en paix avec soi-même permet d'être présent aux autres. N'est-ce pas ce qu'on leur demande dans leurs fonctions? Ces Dames-là ne sont pas tant les "Anges de Charlie" que les gardiennes des plus démunis auxquels elle rendent justice.


Publié par Anne-Catherine Renaud


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